Facebook ne porte pas atteinte à la vie privée. Facebook répond à la demande d’une époque communicante.

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Par Stéphane Bourhis – Consultant en Communication - Red-Act

stb16.jpg « Atteinte à la vie privée ». Le mot revient à la mode pour viser notamment Facebook et d’autres réseaux sociaux. Mais il est permis aujourd’hui de s’inscrire en faux sur cette accusation. Et si Facebook ne portait pas atteinte à la vie privée, mais répondait simplement à une revendication contemporaine d’une vie publique pour tous ? Ultime revendication d’une société individualiste et festive.

Dans une époque où chaque adolescent rêve de trouver « l’académie » ou le show télévision qui en fera une star. À un moment où l’on explique aux cadres qu’ils doivent devenir une marque et adopter le « personnal branding » pour « booster » leur carrière et attirer des chasseurs de têtes.

À une période où l’on demande aux décideurs politiques plus de proximité, les réseaux sociaux, et forcément le plus grand d’entre eux, répondent à la loi de l’offre et de la demande, en mettant à disposition, simplement et techniquement, un média pour tous, donc un média pour chacun.

Vie privée, vie publique

On laissera aux juristes, aux jurisprudences et aux Cours le soin d’écrire l’avenir du droit pour en revenir d’abord à l’existant. L’article 9 du Code civil français prévoit que « Chacun a droit au respect de sa vie privée ». L’article 12 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 précise : « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ».

Ainsi, la vie privée ou tout au moins, « le droit à l’intimité de la vie privée » fait partie des droits civils et il existe bien des textes pour nous protéger. Se rassemble ici ce que l’on pourrait résumer par le droit à la vie sentimentale,  à la vie familiale, au secret relatif à sa santé, au secret de sa résidence et du domicile, et au droit à son image.

On comprendra donc légitimement ce respect posé par la loi contre les incursions d’autrui y compris pour des personnes ayant une existence médiatisée ou une fonction publique qui supposent un consentement lors de la diffusion d’informations ou d’image relevant de la sphère privée.

 Bien entendu, Facebook ne saurait donc, pour ces personnes-là, permettre d’enfreindre une loi. Et la loi est dure, mais c’est la Loi.

Facebook, un média social avant tout

Si l’étiquette « réseau social » est majorante, avant d’y parvenir, on devrait retenir que finalement Facebook est d’abord un « média social », à la fois individuel et collaboratif.

Les marques ont compris cela puisqu’elles utilisent cet outil, ce média, autant pour se promouvoir que pour améliorer, elles-mêmes, leur e-réputation. Quoi de mieux, pour communiquer que de disposer finalement de son propre média.

Pour elles, Facebook cumule les avantages d’un journal, d’une radio, d’une web-tv réunis et assure même la présence d’un panel de consommateurs, clients et prospects dans une seule « place ».

L’individu est lui, à la fois l’émetteur et le diffuseur de l’information le concernant. Il choisit – en pleine possession de ses moyens – ce qu’il va émettre. Majeur, il devrait en mesurer les conséquences.

Pour faciliter cela, Facebook a mis en place des outils de confidentialité, limitant partiellement ou totalement le diffusion d’information (sauf, éventuellement par les proches de l’émetteur). Là encore, si nul n’est censé ignorer la loi, nul n’est donc censé se priver des moyens mis à disposition par les réseaux sociaux pour cadrer l’émission des informations choisies.

D’abord média social, Facebook peut alors jouer le rôle de réseau social et permettre les mises en relation utiles ou futiles. Quant à la diffusion d’informations privées sur son propre profil, elles sont la volonté de l’émetteur lui-même. Dans tous les autres cas, l’émetteur est protégé par les lois sur la presse et l’économie numérique.

Média, Facebook répond ainsi simplement à la volonté des utilisateurs d’avoir finalement un lieu à eux, où ils peuvent exprimer autant des envies, des états d’âme que des goûts musicaux. L’époque a voulu que l’on passe du journal intime au média public, d’une vie privée à une vie publique revendiquée assez ouvertement.

Facebook : un outil de communication

Infernal pour les uns, Deus ex-machina pour les autres, Facebook est avant tout un outil et un réceptacle : un outil de communication mis à la disposition de tous et un réceptacle des pensées de chacun.

Il ouvre, comme évoqué plus haut simplement la voie à une revendication exhibitionniste pour les uns, légitime et sociabilisante pour d’autres et mercatique pour d’autres encore.

À ceux qui veulent le clouer au pilori ou dresser des bûchers médiatiques ou numériques, il conviendra de répondre que l’outil ne devient que ce que l’homme en fait et donc de se poser là d’autres questions sociologiques sur la pénétration de nouvelles technologies dans nos quotidiens.

La protection des données privées, un vaste programme

Enfin, ultime acte d’accusation, nourrir les réseaux sociaux faciliterait la diffusion d’informations personnelles… Nous serions tentés e répondre, pas plus qu’un téléphone portable qui permet une géolocalisation à chaque instant, pas plus qu’une carte bleue qui permet de pister achats, habitudes et mode de vie, pas plus que ces cartes de fidélité qui emplissent nos portes-feuilles.

Dans ce domaine-là, il reste simplement à souhaiter que des organismes comme la CNIL puissent faire leur travaille et à tout un chacun finalement de limiter simplement et à la source l’émission de données personnelles et elles, pour le coup, privées, à tout le monde et à tour de bras.

Mais là, les réseaux sociaux n’y sont pour rien. C’est à chaque individu d’assumer ses actes, ses choix et de comprendre qu’être citoyen numérique c’est trouver l’équilibre entre la liberté, l’envie et la responsabilité.

Stéphane BOURHIS

Note : Stéphane Bourhis est Consultant en Communication. Fondateur de Red-Act à Strasbourg en 2005, il accompagne des entreprises dans les stratégies de contenus rédactionnels et dans l’observation et l’intégration des NTIC et des outils web 2.0

Article libre de droits sous réserve de mention de la source : www.red-act.com

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